AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

le premier chapitre a été lancé !
rejoignez nous dans l'amphithéâtre
n'hésitez pas à faire un tour sur la chatbox !
elle se trouve ici


 ::  :: south of the camp :: les champs de fraises | 
 

 sweet melancholia ☂ lucielle

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Administratrice
DRAGMES : 251

MessageSujet: sweet melancholia ☂ lucielle   Mer 16 Aoû - 14:27



 
sweet melancholia

 
the heart wants what it wants
Ce matin, au réveil, tu n’es pas aussi énergique qu’à l’accoutumée. Tes paupières sont trop lourdes, tu n’as pas vraiment envie de sortir de ton lit. Tu t’enroules dans ta couette un moment, avant de rejeter celle-ci à l’autre bout de ton matelas, te rendant compte que tu as beaucoup trop chaud sous cette épaisse couche. Tu restes immobile un long moment, recroquevillée sur toi-même en une position foetale aux allures inconfortables. Tu ne te décides à bouger que lorsque les muscles de ton épaule gauche se mettent à crier leur mécontentement d’être écrasés de la sorte. Tu te redresses, tu poses pieds à terre et tu te diriges d’un pas peu assuré vers la salle de bain. Tu effectues cette routine matinale qui t’est propre : tu brosses ta longues crinière flamboyante, tu te passes de l’eau fraîche sur le visage et tu te brosses les dents. Une fois cette toilette faite, tu enfiles les vêtements que tu as choisis la veille, un jeans tout simple et ton éternel t-shirt bleu pastel, une paire de baskets un peu trop usée et te voilà fin prête. Tu sors du bungalow numéro vingt-quatre et tu te diriges vers le pavillon où d’autres demi-dieux sont rassemblés pour prendre le petit-déjeuner. Une fois face à ton assiette emplie de victuailles – pomme, toasts et petits biscuits au chocolat – tu en offres une partie au feu de joie en hommage à ce paternel que tu ne connais que de nom. Éole, roi des Vents, fait Dieu par Zeus en personne. Tu meurs d’envie de le connaître, tu meurs d’envie qu’il te connaisse. Et tu as beau être naïve – un travers que tu reconnais sans trop de mal – tu as conscience que cela ne restera probablement qu’un rêve. Ça ne fait que quelques mois que tu es à la Colonie, tu n’es pas aveugle : il y a trop de demi-dieux encore amers de ne pas avoir de véritables relations avec leur parent divin. Tu espères sincèrement que ce ne sera pas ton cas dans quelques années, quand l’apparente ignorance de ton père à ton sujet se sera faite trop oppressante. Tu espères sincèrement pouvoir prendre du recul par rapport à cette situation un brin étrange et avoir la maturité nécessaire pour faire la part des choses. Ton père est un Dieu, il doit être vachement occupé et n’a pas nécessairement le temps de se préoccuper de toi, pas vrai ?

C’est en soupirant que tu t’asseois à ta table et que tu entames sans grande conviction ton petit-déjeuner. Tu commences par croquer dans ta pomme alors que tes pensées divaguent, se perdent dans les méandres sinueux de ton esprit. Et, en toute logique, après avoir pensé à ton père, voilà que tu penses à ta mère. Puis à Joseph. Puis à tes trois frères cadets. Ça fait des mois que tu n’as pas entendu leur voix, que tu ne les as pas vu, ni serrer dans tes bras. Les blagues douteuses d’Adam te manquent, le sourire radieux de Noah n’illumine plus tes journées et tu n’as plus les conversations animées que seul Liam pouvait tenir avec toi. La douceur de ta mère te manque terriblement, tout comme la présence protectrice de ton beau-père. Ta famille mortelle te manque, un point c’est tout. C’est quelque chose de terrible car tu ne sais quoi faire de cette vague mélancolique qui t’envahit soudainement. Tu n’es pas de nature à te laisser aller à la tristesse ou à ce genre de sentiments un peu las, mais aujourd’hui, tu ne parviens pas à résister. Ça fait beaucoup trop longtemps que tu n’as pas vu ta génitrice et le reste de ta famille, tu ne sais comment faire pour te dénouer de cet étrange nœud qui s’est enroulé autour de toi. Tu mâches ton petit-déjeuner sans grande conviction, puis tu quittes la table, en soupirant une nouvelle fois. Toute distraite que tu es, tu trébuches sur tes propres pieds et manques de t’étaler de tout ton long. Cela déclenche quelques rires autour de toi, tu te sens rougir sous l’effet de la gêne. Tu fuis le pavillon sans demander ton reste. Tu n’as aucune obligation avant l’après-midi, aussi prends-tu le temps d’errer à travers la Colonie à la recherche d’une distraction quelconque. Toutefois, rien ne semble trouver grace à tes yeux. Tu aurais pu faire un tour du côté du bunker des Héphaïstos pour aller trouver Meg, ton amie, ou même aller enquiquiner Aja si la rouquine n’était pas présente. Mais le coeur n’y est pas. Alors tu continues ta promenade lasse. Tu ne fais pas vraiment attention à où tes pas te portent, tu erres comme une âme en peine. Puis, finalement, tu arrives aux champs de fraises. Tu te balades entre les buissons, tu ne sais pas quoi faire de ta petite personne. Et l’ennui ne tarde pas à se mêler à ta mélancolie. Jusqu’à ce qu’une frimousse familière attire ton attention. « Arielle ! » Tu n’hésites pas une seule seconde à l’interpeler. Tu l’aimes beaucoup, Arielle. Elle est si gentille, si douce. Il est difficile de ne pas l’apprécier. Tu t’approches d’elle rapidement, un léger sourire étirant le coin de tes lèvres. « Qu’est-ce que tu fais là ? » La question est toute innocente, emprunte de curiosité. Et pendant quelques secondes, tu oublies ce qui te trouble aujourd’hui.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Enfant d'Apollon
DRAGMES : 1138

MessageSujet: Re: sweet melancholia ☂ lucielle   Mar 22 Aoû - 9:32

Le matin avait toujours été le moment qu’Arielle préférait dans une journée. Plein de promesses d’une journée complète pouvant aller dans n’importe quelle direction, lui réserver n’importe quelle surprise. Elle aimait sortir rapidement de son lit pour admirer le levé du soleil, s’imaginant son père offrir un nouveau jour à la colonie. C’était un spectacle magnifique que trop peu de personnes arrivaient à apprécier à sa juste valeur, bien trop sous-côté par rapport aux couchés de soleil. Mais Arielle, elle préférait les débuts aux fins. A l’inverse, elle ressentait toujours une pointe de nostalgie à voir l’astre solaire disparaître lentement, signe qu’une nouvelle nuit arrivait, amenant son lot de cauchemars quotidien. Peut-être était-ce sa nature de fille du soleil qui rendait ses nuits si difficiles à supporter, ou simplement la peur de savoir la colonie, son foyer, menacé par des monstres antiques, voir aussi des monstres contemporains, aussi appelés mortels. Même si Arielle considérait les autres pensionnaires comme les personnes les plus admirables qu’elle ait rencontré dans sa vie, leurs dons suffiraient-ils à repousser leurs ennemis ? Et puis, elle avait cet espoir idiot, presque malsain, que toutes ces catastrophes si craintes se produisent véritablement, que la situation dérape tellement que les dieux et déesses s’en mêlent et leur vienne en aide. S’ils pouvaient trouver le temps de prendre part aux conflits mortels, ils en trouveraient forcément pour leurs enfants. Contrairement à certains, Arielle était persuadée que leurs parents divins les aimaient à leur façon, de loin. Nourrir de la rancoeur envers eux car ils ne pouvaient pas rentrer chaque soir pour dîner avec eux était un travers dans lequel elle ne pensait pas pouvoir un jour tomber, elle voyait toujours le meilleur chez les gens.

Ce matin là, aucun cours n’était programmé pour la rouquine. Elle avait hésité quelques instants à aller pratiquer la musique, et notamment affronter ce piano sur lequel elle n’avait jamais pu se résoudre à poser ses doigts. Elle n’avait plus touché à un piano depuis son arrivée à la colonie, cet instrument qui avait été une grosse partie de son enfance et son adolescence, cet instrument de torture pour l’enfant qu’elle était, qui s’entendait dire trop souvent que son père viendrait si elle jouait suffisamment bien pour le rendre fier. Mais elle considérait qu’elle avait perdu trop de temps avec les pianos, à présent, elle voulait découvrir d’autres choses. Arrivée à cette conclusion, elle avait décidé de se rendre à l’infirmerie pour voir si elle pouvait se rendre utile en cultivant son second don. Celle-ci était toutefois presque déserte, les autres pensionnaires n’ayant pas encore eu le temps de se blesser ce jour-là. La fille d’Apollon se résolut donc à aller emprunter une flûte, instrument qu’elle avait toujours trouvé trop basique pour lui donner son attention mais qui, pourtant, pouvait produire des mélodies tout aussi envoutantes que les autres. Dehors, elle avait fait quelques pas vers la plage, son endroit favori pour s’entraîner vers lequel ses pieds la conduisait maintenant naturellement, avant de s’arrêter. Elle voulait un endroit différent. Son estomac grogna légèrement, lui indiquant qu’à force de se lever aux aurores et de prendre son petit déjeuner trop tôt, voilà qu’elle avait déjà faim au milieu de la matinée. Ses pensées s’étaient alors tournées vers les champs de fraises de la colonie, dont les fruits étaient les meilleurs qu’elle ait goûté dans sa vie, grâce à la présence de Dionysos et ses enfants. Arielle s’était toujours demandé ce que ça leur faisait, d’avoir cette chance que tant espéraient de rencontrer leur parent divin. Arrivaient-ils seulement à le considérer comme un père ?

L’odeur forte des fraises avait fait naître un sourire sur les lèvres d’Arielle. Elle fit quelques pas dans les champs, jusqu’à s’accroupir pour en cueillir quelques unes, délicieusement sucrées. Elle se relève ensuite pour faire quelques pas et en cueillir d’autres plus loin, histoire d’éviter un trop gros trou dans les plantations. « Arielle ! » La rouquine sursaute, étonnée de ne pas avoir entendu que quelqu’un d’autre arrivait. Elle se retourne pour voir Lucrèce, la fille d’Eole. Rousse et adorable, c’était une version plus jeune d’Arielle, qui l’avait aussitôt prise sous son aile. Elle répond à son sourire, aussi heureuse de la voir que soulagée que ce ne soit pas un enfant de Dionysos venu l’accuser de voler les récoltes. S’il y avait énormément de fraises, elles étaient le revenu principal de la colonie et Arielle n’était pas sûre de pouvoir se servir directement à la source comme ça. « Qu’est-ce que tu fais là ? » Lui demande Lucrèce en s’approchant d’elle. Faisant de son mieux pour ne pas rougir ou avoir l’air coupable, Arielle hausse les épaules. « Oh, rien de bien intéressant. J’ai piqué une flûte pour m’entraîner, mais j’ai eu faim, alors maintenant je pique des fraises. » Bon résumé de sa matinée. La flûte en question était solidement coincée sous son bras, là où elle avait d’ordinaire un carnet pour rédiger ses poèmes ou l’archer de son violon. Elle n’avait pas hésité à confier ses crimes qui n’en étaient pas vraiment à Lucrèce, elle lui faisait entièrement confiance, et si celle-ci se trouvait dans ces mêmes champs de fraises, peut-être partageait-elle sa culpabilité. « Et toi ? Tu n’as pas cours ? Ou tu t’isoles pour entraîner tes dons ? » La taquine Arielle, se remémorant leur première rencontre datant à présent d’il y a quelques mois, quand le destin l’avait mise sur la route d’une mini-tempête créée par la fille du dieu du vent.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Administratrice
DRAGMES : 251

MessageSujet: Re: sweet melancholia ☂ lucielle   Mar 22 Aoû - 15:17



 
sweet melancholia

 
the heart wants what it wants
Tu aurais tant aimé qu’Arielle soit ta sœur. Ce n’est pas comme si cela changerait quoique ce soit à la situation, comme si cela changerait quoique ce soit à votre relation. Mais peut-être te sentirais-tu un peu moins seule au sein de ton bungalow, te sentirais-tu un peu moins seule attablée au pavillon à l’heure des repas. Tu te sens seule, c’est terrible. Tu sais que tu n’es pas la seule enfant d’Éole, tu ne peux pas être la seule et l’unique. C’est peut-être aussi pour ça que tu te sens aussi mélancolique aujourd’hui, que tu te sens aussi triste. Tu n’es pas une hermite, c’est même tout le contraire. Tu es une créature tout ce qu’il y a de plus sociable, tu ne supportes que très mal l’isolement. Chose que tu n’as jamais vraiment connu. D’aussi loin que tes souvenirs remontent, tu as toujours eu ta mère à tes côtés. Et pendant un temps, il n’y a jamais eu qu’elle. Puis Joseph s’est joint à votre duo. Et finalement, les triplés. Quand ces derniers sont entrés dans ta vie, il a été fort difficile pour toi de trouver ne serait-ce qu’un moment de calme et toute illusion de solitude a été brisée. Aussi ta situation encore toute nouvelle est déstabilisante. Un brin déprimante. Tu n’as pas encore le mal de chez toi véritablement, tu n’as pas envie de quitter la Colonie. Mais tu sais que si tu ne réagis pas, cette sensation de manque familial te poussera à prendre tes jambes à ton cou. Ce ne serait pas une bonne décision à prendre, tu le sais maintenant. Mais tu ne sais jamais comment tu pourrais te comporter dans le futur. Tu es imprévisible, tu es libre comme les vents. Seuls les Dieux savent ce que l’avenir te réserve et probablement aucun d’entre eux ne peut prévoir comment tu réagiras face aux obstacles qui se dresseront sur ton chemin.

La présence d’Arielle t’est donc salutaire aujourd’hui : autant pour te distraire de ces pensées que tu préfères ignorer que pour te faire oublier à quel point l’absence de ta mère, ton beau-père et tes frères t’est pesante. Tu n’es plus une enfant, tu devrais pouvoir vivre ta nouvelle indépendance pleinement. Toutefois, tu n’y parviens pas. Tu te sens seule. Beaucoup trop seule. Alors c’est sans la moindre hésitation que tu interpelles ton amie, pressant le pas pour la rejoindre. Tu l’as surprise, tu la vois sursauter. Ton sourire se fait plus large, tu laisses un petit rire s’échapper de ta gorge. Une flûte glissée sous le bras, la fille d’Apollon semble soulagée de te voir. Craignait-elle qu’une autre personne la surprenne en ces lieux ? C’est fort probable. Appréciant les balades au milieu des bosquets de fraises, tu sais que les enfants de Dyonisos n’aiment pas trop que les autres demi-dieux traînent ici, craignant certainement qu’ils se servent directement à la source et entachent donc les ressources de la Colonie. Alors que tu arrives à sa hauteur, tu interroges la rouquine sur les raisons de sa présence en ces lieux. Simple curiosité de ta part, tu n’es pas là pour mener une enquête quelconque. « Oh, rien de bien intéressant. J’ai piqué une flûte pour m’entraîner, mais j’ai eu faim, alors maintenant je pique des fraises. » Tu lui adresses un regard malicieux et complice alors que, tout doucement, tes doigts effleurent les feuilles vertes des buissons avant de s’emparer d’un des fruits bien rouges, bien mûrs. Et hop, voilà que tu fais sauter la fraise dans ta bouche, tu t’empresses de l’avaler. Un petit clin d’oeil complice, un éclat de rire clair. « Si tu ne dis rien, je ne dirai rien. Ce sera notre petit secret. » Ton humour n’est pas le meilleur qui soit, tu le sais. Mais cela ne t’empêche pas d’essayer. Et tu sais qu’Arielle est de bonne compagnie et ne te reprochera jamais tes petites tentatives.

Ton interlocutrice a toujours le sourire, signe que ta fade plaisanterie n’a pas entaché sa bonne humeur. La voilà qui enchaîne d’ailleurs, curieuse et taquine. « Et toi ? Tu n’as pas cours ? Ou tu t’isoles pour entraîner tes dons ? » Une petite moue vexée vient chasser ton sourire radieux. Arielle ne te laissera jamais oublier cet incident qui a causé votre première rencontre. Tu t’étais isolée pour te familiariseravec les dons qui étaient les tiens et tu étais bien déterminée à créer une petite tempête, ainsi qu’à la contrôler. Et Arielle t’avait surprise. Si tu avais paniqué, si tu avais plus avancé dans tes efforts, tu aurais certainement pu la blesser. Mais voilà. Tu n’étais pas très douée à cette époque – pas que tu le sois plus aujourd’hui – et Arielle n’avait reçu qu’une bourrasque de vent frais qui l’avait fait tomber sur les fesses. Rien de bien méchant en soi, mais tu t’étais sentie terriblement confuse et coupable après l’incident sans gravité. Et c’est quelque chose qui semble toujours bien faire rire ton aînée. Tu la fusilles du regard sans grande conviction et tu croises tes bras sous ta poitrine. Tu as l’air d’une gamine en train de bouder. « Tu ne me laisseras jamais oublier ça, hein ? » Bien sûr qu’Arielle ne te laisseras jamais oublier. Quand vous serez toutes les deux vieilles et croûlantes, tu es persuadée qu’elle rira encore de ta maladresse. Tu secoues distraitement la tête, tu laisses tes muscles se détendre. Un nouveau sourire vient étirer le coin de tes lèvres. « Pour répondre à ta question, non je n’ai pas cours ce matin ! Et je m’ennuyais, toute seule, alors je suis partie me balader. Et j’suis tombée sur toi, donc je suis bien contente de ma balade ! » Tu n’oses pas trop lui dire que tu es soulagée, si soulagée de la voir. Tu n’aurais pas supporté d’être seule plus longtemps. « Tu as prévu de faire quelque chose en particulier ce matin ? Ou je peux te tenir compagnie comme je le veux ? » Tu n’as pas envie d’être rejetée, mais tu as encore moins envie d’être un poids pour Arielle. Il est vrai qu’il n’est pas dans tes habitudes de douter de la sorte, mais tu ne peux pas t’en empêcher. Il semblerait que tu ais plus besoin de la présence de ton amie que ce que tu en as conscience.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Enfant d'Apollon
DRAGMES : 1138

MessageSujet: Re: sweet melancholia ☂ lucielle   Ven 1 Sep - 10:45

Arielle savait qu’elle pouvait faire confiance à Lucrèce, alors c’était sans la moindre hésitation qu’elle s’était confiée sur ses véritables occupations matinales, qui n’avaient de toute façon rien de bien passionnant. Et puis, pas vu, pas pris, autant en profiter tant que les enfants du dieu du vin étaient occupés ailleurs. C’est avec un regard amusé qu’elle voit finalement Lucrèce la rejoindre dans son délit, se penchant pour cueillir une fraise bien rouge. Arielle pouvait toujours compter sur sa cadette pour faire disparaître tout sentiment de culpabilité. A présent, elles partageaient la faute, si c’en était réellement une. Après tout, ils n’étaient pas à quelques fraises près, les fruits produits à la colonie étaient sucrés comme du miel et poussaient en abondance, presque aussi vite qu’on pouvait les récolter, et les mortels en raffolaient, d’après ce qu’on disait. Malgré tout, Arielle aimait cette idée de secret, fil invisible reliant deux personnes, preuve d’une complicité encore jeune et pourtant profondément sincère, naturelle. Si les deux rouquines n’avaient aucun lien de sang - si toutefois on pouvait parler de lien de sang quand le parent commun était un dieu et n’avait donc pas de sang à proprement parlé, puisque c’était l’ichor qui coulait dans leurs veines sacrées -, Arielle voyait en Lucrèce cette petite soeur avec laquelle elle aurait tant aimé grandir, et qu’elle comptait bien protéger coûte que coûte à présent. Petite soeur cadette qui boudait à présent, peu ravie qu’on lui rappelle ses maladresses du passé par lesquelles tous les sang-mêlés étaient passés à un moment ou à un autre de leur apprentissage. Si Arielle n’était pas l’aînée de beaucoup, elle avait tout de même eu trois années pour se familiariser avec ses dons, pour les apprivoiser, et pour se faire à l’idée même qu’elle possédait de tels pouvoirs. Pour Lucrèce, c’était encore nouveau, parfois incontrôlable, alors quand son chemin avait croisé celui d’Arielle, peu après son arrivée, il n’était pas étonnant que son don lui ai échappé. Les bras croisés, un regard assassin, Lucrèce pourrait presque faire peur à Arielle, si la fille d’Apollon n’avait pas connu aussi bien sa cadette. « Tu ne me laisseras jamais oublier ça, hein ? » C’est avec un sourire désolé qu’Arielle lui répond, la fille d’Eole se doutant probablement déjà de la seule réponse possible à sa question. « Jamais ! » Lui répond Arielle dans un sourire plus franc, bientôt partagé par Lucrèce. Evidemment, elle ne pouvait pas bouder longtemps, puisque jamais la tension n’avait été réelle. « Pour répondre à ta question, non je n’ai pas cours ce matin ! Et je m’ennuyais, toute seule, alors je suis partie me balader. Et j’suis tombée sur toi, donc je suis bien contente de ma balade ! » Lui avoue-elle finalement. Un instant, Arielle se demande si cette matinée est aussi vide d’apprentissage pour tout le monde. Si elle apprécie du temps libre, elle aime rester occupée, et elle fuit l’ennui et la solitude autant que possible, bien que certains pensent qu’elle aime être laissée tranquille dès qu’elle sort un instrument de musique ou son carnet. Mais la vérité était qu’elle n’avait plus vraiment besoin d’entraîner dans l’une ou l’autre de ces disciplines, et qu’elle ne rejetterait jamais quiconque viendrait la « déranger » dans son temps libre.

Encore une fois, Lucrèce et elle se trouvaient bien similaires, bravant la chaleur de l’été pour chercher une occupation et, encore mieux, un peu de compagnie. « Tu as prévu de faire quelque chose en particulier ce matin ? Ou je peux te tenir compagnie comme je le veux ? » L’aveux de Lucrèce enlevait une épine du pied d’Arielle. C’était sans aucun doute possible l’une des personnes préférées d’Arielle à la colonie, et donc au monde entier, puisque le monde mortel ne contenait que peu de personnes qui trouvaient grâce aux yeux de la jeune femme. Elle ne passait pas par quatre chemins pour exprimer ce qu’elle voulait, et c’était l’une des nombreuses choses qu’Arielle aimait chez elle. « Bien sûr que tu peux, je crois que mon programme était à peu près aussi chargé que le tien de toute façon. Je comptais m’entraîner à la flûte mais je préfère discuter avec toi. » La flûte, elle pourrait se charger de la maîtriser plus tard, cet instrument n’avait rien de compliqué. Elle l’avait choisi davantage parce qu’elle était facile à transporter que par envie réelle d’en jouer. Non pas qu’elle n’en aimait pas le son, mais elle trouvait qu’il y avait plus de mérite à faire des merveilles avec des instruments compliqués. D’autres diraient qu’au contraire, savoir sublimer un instrument banal était un exploit, mais quand on était fille d’Apollon et que l’on pouvait émouvoir aux larmes avec n’importe quel instrument, autant choisir la difficulté. Du coin de l’oeil, elle voit quelque chose bouger, et tourne la tête pour surprendre un lapin sautant rapidement pour renifler les précieuses fraises de la colonie, sa fourrure brillant au soleil. Perplexe, Arielle le design à Lucrèce. « Il n’est pas censé y avoir une clôture pour empêcher les envahisseurs ? Regarde, lui aussi trouve les fraises à son goût. » En effet, l’animal était à présent en train de grignoter le gagne-pain de la colonie, nouveau complice de cette cueillette peu légale. « Tu crois qu’il faudrait l’attraper pour l’en empêcher ? Parce que je ne suis pas sûre de courir assez vite pour ça. » Elle ajoute, retenant avec difficulté le fou rire qui la menaçait. La vérité, c’était qu’elle n’osait même plus bouger, de peur que l’animal tente d’aller se cacher au milieu des fraisiers. Jamais elles ne pourraient le retrouver. Bien sûr, avec cette flûte, elle pourrait improviser une symphonie pour paralyser l’animal le temps que Lucrèce l’attrape, mais elle ignorait si ce don fonctionnait sur les animaux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Administratrice
DRAGMES : 251

MessageSujet: Re: sweet melancholia ☂ lucielle   Lun 11 Sep - 14:33



 
sweet melancholia

 
the heart wants what it wants
L’aura d’Arielle est tout bonnement rayonnante, à un tel point que tes soucis semblent te fuir quand tu es en sa compagnie. Tu n’es pas du genre fleur bleue – ou tout du moins pas trop – aussi ne te fais-tu pas d’illusions : tu sais qu’une fois que tu seras à nouveau seule, tu ne pourras pas t’empêcher de ruminer, de ressasser ces sentiments négatifs qui t’habitent. Toutefois, tu es bien décidée à ne pas anticiper ce moment de déprime : aujourd’hui, tu profiteras bien des moments passés avec celle que tu considères comme ta sœur, un point c’est tout. Alors tu fais de ton mieux pour adopter une attitude légère et joueuse, pour ne pas te prendre la tête sur des choses que tu ne peux pas changer. Les petites taquineries de la fille d’Apollon t’aide à changer d’air, te poussent à te concentrer sur autre chose. C’est sans la moindre hésitation que tu lui réponds avec une moue digne d’une enfant de cinq ans, puis que tu lui souris. Tu n’es pas compliquée, Luce, c’est même tout le contraire. Aux côtés de la rouquine, ton coeur se fait aussi léger que les nuages qui flottent dans le ciel, ton sourire se fait plus que sincère et l’oubli s’enroule autour de tes ennuis. En cet instant, il n’y a plus que cette complicité qui règne entre toi et la fille d’Apollon. Tu piques une fraise ici et là, par pure gourmandise et aussi pour faire rire ton interlocutrice. Elle a besoin de se détendre un peu, ce n’est pas pour une poignée de fraises disparue que les enfants de Dyonisos se soulèveraient en une révolte sanglante. Quoique … certains d’entre eux tenteraient bien d’exprimer vigoureusement leur mécontentement, mais tu ne doutes pas que Chiron les calmerait. Il n’y a donc pas de quoi s’en faire.

C’est, encore une fois, avec légèreté que tu t’enquis du programme de ton amie. A-t-elle prévu de faire quelque chose en particulier aujourd’hui ? La déranges-tu alors qu’elle préfère être seule ? Tu la sais gentille, un peu trop gentille. Tu ne doutes pas une seule seconde qu’elle n’oserait pas nécessairement te dire que tu l’envahis de trop si tu exprimais trop ton besoin d’être accompagnée. Alors tu demandes, tu lui laisses l’opportunité et la liberté de te dire que tu es en trop aujourd’hui. Il n’est pas dans tes habitudes de stresser ou d’angoisser pour des choses aussi futiles, mais tu ne peux actuellement pas t’en empêcher. Tu es un peu trop fragile, un peu trop fatiguée. Alors quand la jolie rousse te répond positivement, ton coeur se met à battre un peu plus librement. « Bien sûr que tu peux, je crois que mon programme était aussi chargé que le tien de toute façon. Je comptais m’entraîner à la flûte mais je préfère discuter avec toi. » Tu lui adresses un sourire radieux, ravie par sa réponse. La mention de la flûte te rappelle vaguement tes années difficiles en tant que collègienne, où tu soufflais beaucoup trop fort dans l’instrument et que tu perçais les tympans autant de tes camarades que de ton professeur. Ça te fait un peu rire, tout doucement, mais suffisant pour qu’Arielle te prenne pour une folle. C’est avec toujours autant de complicité que tu partages ton anecdote avec elle. « La flûte … ça me rappelle quand j’étais au collège, j’avais des cours de musique. Mon professeur voulait nous apprendre à en jouer. J’ai jamais réussi à maîtriser cet instrument – ou aucun autre, pour être tout à fait honnête – je soufflais beaucoup trop fort à chaque fois … il faudrait que tu m’apprennes à jouer, si tu en as le courage. » Tu lui adresses un petit clin d’oeil joueur pour ponctuer la fin de ta phrase.

Et voilà que ton aînée est déjà préoccupée par autre chose. Elle est comme ça, Arielle. Joyeuse, rayonnante, un peu facilement distraite. C’est comme ça que tu l’aimes. Tu ne lui en tiens absolument pas rigueur, bien au contraire même. Cette facilité que tu as de communiquer avec elle vient probablement du fait que, toutes deux, vous puissiez parler de tout et de rien, quelle que soit la situation. « Il n’est pas censé y avoir une clôture pour empêcher les envahisseurs ? Regarde, lui aussi trouve les fraises à son goût. » Tu suis le regard de la belle, peinant à trouver l’intrus qu’elle désigne. Puis, finalement, tu le vois ! L’intrus n’est nul autre qu’un petit lapin à la fourrue blanche tâchetée de marron. Tu ouvres de grands yeux emplis de surprise. Tu ne t’attendais pas à ça, pas vraiment, même si la présence du petit animal n’a rien de surprenant. Curieuse, comme une enfant, tu te penches vers l’avant, mains sur tes genoux, et tu t’approches tout doucement. « Tu crois qu’il faudrait l’attraper pour l’en empêcher ? Parce que je ne suis pas sûre de courir assez vite pour ça. » Et soudainement, l’image d’Arielle et toi courant après le gêneur apparaît dans ton esprit. Et tu ne peux retenir un bruyant éclat de rire face à l’image ridicule. Tu t’arrêtes d’avancer alors que l’attention du lapin se porte sur toi durant quelques micro-secondes, qui ne tarde pas à détaler. Tu ris et tu ris et tu ris. Il te faut bien de longues minutes pour parvenir à te calmer. Tu te redresses et te tournes vers ton amie, des larmes d’hilarité perlant au coin de tes yeux et à bout de souffle. « Problème réglé, Arielle. » annonces-tu fièrement en lui montrant l’endroit où l’animal s’était trouvé précédemment. Tu reviens aux côtés de la fille d’Apollon. Les mains fièrement posées sur tes hanches, tu te tiens aussi haute que ta petite silhouette te le permet. « Il n’y avait qu’à demander, Super-Luce a fait fuir le vil rôdeur ! » Tu secoues la tête moqueusement, faisant voler tes longues mèches rousses par-dessus ton épaule. Puis, tu prends un air un peu plus sérieux. « Plus sérieusement, je ne sais pas pour les clôtures … si tu connais un des enfants de Dyonisos, il faudrait peut-être en parler. Juste au cas où. » Une clôture pourrait déjà être en place et un trou se serait formé quelque part … tu n’en sais rien. L’envie d’enquêter te prend. « On devrait peut-être aller jeter un coup d’oeil … juste pour voir ? Et après, on pourra aller voir le bungalow 12 après. Comme ça, ça nous occupera et ça fera moins de travail pour eux ? » Tu attends la réponse de la demoiselle, mais déjà, tu as envie de bouger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Enfant d'Apollon
DRAGMES : 1138

MessageSujet: Re: sweet melancholia ☂ lucielle   Sam 23 Sep - 19:19

Elle avait beau passer beaucoup de temps à ruminer l’absence de son père, Arielle était peut-être l’une des pensionnaires les plus conscients de la chance qu’ils avaient. Si certains auraient rêvé d’avoir une vie normale de mortel avec une famille tout aussi banale, c’était loin d’être son cas. Pour elle, c’était une vie ennuyeuse qu’elle ne regrettait pas un seul instant d’avoir quitté au profit de la colonie des sang-mêlés. Quand elle regardait autour d’elle, Arielle voyait le plus beau cadeau dont elle pouvait rêver et que son père lui avait fait indirectement en lui donnant ses gènes divins : un foyer, et une famille. Finalement, ça valait peut-être le coup de risquer de mourir jeune, au combat face à des créatures monstrueuses que les mortels avaient oublié depuis des siècles. La plupart des demi-dieux étaient perdus avant d’arriver à la colonie, cet endroit était un coin de paradis qu’il leur fallait absolument préserver, autant pour eux-même que pour les générations à venir. Cet endroit, si diversifié, entre la brutalité des forges et arènes, et le calme de la plage ou encore des champs de fraises. Ceux-ci s’étendaient presque à perte de vue sous ses yeux, comme si elle avait mis les pieds dans un jardin secret, perdu, isolé du reste du monde, et particulièrement de celui des mortels, dont elle ne considérait plus faire parti. Maintenant, son monde, c’était des gens plus étonnants les uns que les autres, bénis par les dieux qui leur avaient fait don de pouvoirs divins qui les rendaient chacun unique. Rien que chez les enfants d’Apollon, on pouvait constater cette diversité. Ainsi, Arielle était la seule de sa fratrie à vraiment s’intéresser à la musique. Inconsciemment, ses doigts cherchaient les trous de la flûte qu’elle tenait. Même sans y réfléchir, il lui suffirait de souffler dans le bec de l’instrument pour improviser un chef d’oeuvre. Ce n’était bien sûr pas le cas de sa jeune amie, qui lui confiait ce qui semblait être son unique expérience avec un instrument de musique. La flûte, jouet préféré des professeurs de musique, calvaire de la plupart des élèves. Et bien sûr, il n’avait rien d’étonnant que Lucrèce, la fille d’Eole, soufflait trop fort dans le pauvre instrument. C’était dans ses gènes, sans aucun doute, comme il avait été dans ceux d’Arielle de surpasser son professeur dès le premier cours. Ça pourrait être un défi intéressant que de tenter d’enseigner cette discipline à son amie, même si elle n’avait aucune expérience de l’enseignement. Elle improvisait, ressentait les choses, la théorie n’avait jamais fonctionné pour elle.

Et puis, il y a ce lapin. Sans doute n’a-t-il aucune idée d’où il se trouve, d’à quel point cet endroit est unique au monde. Sans doute vit-il dans la forêt de la colonie, d’où il s’est éloigné, tenté par l’odeur sucrée des fraises. Dans tous les cas, s’il y a un trou dans la clôture, il serait bon de le trouver avant que tout un clan de lapins vienne se régaler. Les demi-dieux devaient déjà être trop nombreux à venir se servir dans les récoltes. Mais à peine Arielle a-t-elle le temps de réfléchir à un moyen d’arrêter le petit voleur que Lucrèce éclate de rire face à leur situation, faisant détaler à une vitesse impressionnante l’animal apeuré. Cette fuite confirme ce qu’Arielle redoutait déjà : il était définitivement trop rapide pour elle. « Problème réglé, Arielle. » Lui annonce fièrement Luce tandis que la fille d’Apollon ne peut s’empêcher de se joindre à ses éclats de rire. Bien sûr, la disparition du lapin n’entraînait pas forcément la disparition du problème, mais celui-ci était trop petit pour qu’elle s’en préoccupe réellement. « Il n’y avait qu’à demander, Super-Luce a fait fuir le vil rôdeur ! » Ajoute son amie, qui lui semblait encore moins préoccupée par la situation qu’elle ne l’était elle-même. « Plus sérieusement, je ne sais pas pour les clôtures … si tu connais un des enfants de Dyonisos, il faudrait peut-être en parler. Juste au cas où. » Il n’en fallait pas davantage à Arielle pour comprendre que Luce n’était pas plus renseignée qu’elle sur les systèmes de sécurité des fraisiers. Elle n’avait pas beaucoup de liens avec les enfants du dieu du vin, mais si elle pouvait en croiser un, elle n’hésiterait pas à lui en parler, au contraire, ça serait l’occasion d’apprendre à mieux les connaître. « On devrait peut-être aller jeter un coup d’oeil … juste pour voir ? Et après, on pourra aller voir le bungalow 12 après. Comme ça, ça nous occupera et ça fera moins de travail pour eux ? » Sa jeune amie tenait aussi peu en place qu’elle, et elle y voyait un moyen d’occuper leur matinée de façon productive. « Le bungalow 12 ou le bar, les connaissant. » Elle ajoute, se moquant sans malice des enfants du directeur de la colonie, un peu trop souvent pris à picoler. « Mais tu as raison, les champs de fraisiers ne doivent pas s’étendre à l’infini, en arrivant au bout on finira bien par trouver notre réponse. Et peut-être retrouver le lapin au passage. » Que feraient-elles dans le cas où elle retrouverait l’intrus ? C’était une bonne question. A vrai dire, Arielle ne voyait pas comme l’une ou l’autre pourrait attraper l’animal. Elles se mettent alors en route, attrapant ici ou là une fraise bien rouge. « Mais dis-moi, tu ne pourrais pas t’envoler pour avoir une meilleure vue d’ensemble ? » Elle se souvient soudain du don si enviable qu’à son amie, celui de s’envoler dans le ciel comme un oiseau. En plus d’être l’un des dons les plus cool dont Arielle ait jamais entendu parler, cela pourrait leur permettre de repérer le lapin ou la clôture plus rapidement qu’en faisant un tour complet des champs de fraisiers.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

sweet melancholia ☂ lucielle

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» 'Sweet Juliet'
» [SITE] Home Sweet Art - CODE PROMO spécial DECO DESIGN ! :)
» Poivron Sweet Chocolate
» Kalusha/Venise/Avatar/sweet dream and cie.p20 news photos
» Sweet tempo

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-