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 million tears, (cassena)

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Enfant de Poséïdon
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MessageSujet: million tears, (cassena)   Jeu 10 Aoû - 22:21

Million tears.
See, everywhere I go I got a million different people tryna' kick it. But I'm still alone in my mind. I know you're dying to meet me But I can just tell you this. Baby, as soon as you meet me, You'll wish that you never did.

Froide. Silena se sentait aussi froide que de la pierre. Sa peau, d'une lividité aussi brûlante qu'un lagon glacé, frissonnait sous les draps nacrés de l'infirmerie du camp. Ses yeux, eux, se descellaient doucement d'un sommeil qui lui semblait sans fin, laissant ses iris océan se faire écorcher par la lumière criante de la pièce. Les souvenirs revenaient comme des fantômes dans son esprit malade, se remémorant chaque instant de son combat déplorable face à la fille de la guerre. Elle avait échoué, une nouvelle fois, elle avait flanché devant l'attraction irrépressible de l'adversité. Et elle s'en voulait, méprisable sirène volage, d'avoir été aussi irréfléchie, de s'être mise en danger de cette façon. D'avoir été désarmée et impuissante, témoin de sa propre faiblesse, devant tant de monde. Devant ses frères. Devant Cassandre. Elle n'était pas la demi-déesse, suprême et intouchable, qu'on avait si souvent décrit. Elle était d'une impuissance qui elle-même l'effrayait, car impossible à rompre. Mais elle avait été étouffée par sa fierté, ne considérant pas la souffrance de ceux qu'elle aimait face à cet acte de bravoure, mais pourtant d'une cruauté amère. La plaie encore visible sur son abdomen en était la preuve, car elle avait beau lui appartenir matériellement parlant, elle n'était pas seulement la sienne. Elle était également celle de Gabriel, de Marius et de Cassandre. Et elle se doutait, Silena, que ce n'était pas elle qui en avait le plus souffert. Si elle avait beau être celle qui s'était effondrée à l'impact du coup, leurs âmes à eux quatre avaient été détruites par ce dernier. Démolies.
La pièce était froide, glaciale. Elle était seule, allongée dans l'un des lits de l'infirmerie, laissant une nouvelle fois son corps abandonné au tissu médiocre des draps immaculés. Sa peau se transformait de nouveau en un millier de frissons sauvages, lui faisant comprendre que ce n'était pas la pièce qui était algide, mais bel et bien son corps qui l'était. Il n'y avait pas un seul enfant d'Apollon, pas un seul blessé à ses côtés. Solitude qui la tenait, encore et encore à travers le temps et les années, sans jamais la quitter. Elle amorçait un mouvement en avant, comptant quitter cet endroit trop insalubre pour son esprit, mais une douleur, vive et ébranlante, la stoppa dans son mouvement, lui coupa la respiration, lui fit prendre compte la gravité de la lésion. Elle baissa les draps nacrés de son corps chétif et releva maladroitement le bas de son débardeur jusqu'à la naissance de sa poitrine. Il n'y avait plus qu'un bandage, immaculé d'un cruor écarlate, recouvrant toute la surface de son abdomen, qui l'empêchait de voir l'objet de sa souffrance. Le souffle court, la respiration irrégulière, elle détacha tant bien que mal le pansement fait de coton de la plaie encore sanglante, alors qu'apparaissait devant ses yeux, une coupure peu profonde, mais aussi douloureuse que si on lui avait planté un pieu dans le cœur. Car elle se souvenait, Silena, du liquide vermeil s'échappant de l'ecchymose quand le coup venait d'être porté par la lame de bronze. Elle se souvenait du regard apeuré de son frère lorsqu'il avait accouru aux pieds de sa sœur mortifiée. Et elle se souvenait également des mots de Cassandre, protecteurs et providents envers sa personne. Et ça lui faisait mal, Silena, de voir à quel point elle avait pu les blesser. Ça lui faisait mal de devoir à nouveau affronter leurs regards forts et éclatants, rivalisant avec la noirceur de ses iris. Ça lui faisait mal de voir qu'elle n'était que la lune de leurs soleils. Car ils pouvaient vivre sans elle, ils brilleraient toujours, quoi qu'il arrive. Mais sans eux, elle se désaxerait, Silena, et elle se perdrait dans l'immensité de l'univers. Elle en mourrait, peut-être même qu'elle en était déjà morte. Morte de ses blessures, de toutes ses cicatrices. De cette dernière lésion, qui était maintenant la source de sa colère et de sa douleur. Source de sa haine et de sa violence. Cette ultraviolence dont personne n'avait réellement conscience, pas même elle, sirène soumise à une irascibilité inapparente, mais aussi impétueuse que des vagues pourraient l'être. Elle avait beau se savoir d'une sérénité presque insondable, il y avait toujours cette écorchure, presque invisible, qui prenait le dessus sur sa quiétude insoumise. Et cette animosité était le miroir de sa cicatrice, car elle aura beau tout faire pour soigner les deux, elles ne disparaitront jamais totalement.
Elle voyait, Silena, que la lésion avait été guérie, soignée, châtiée par les mains douces d’un enfant du Soleil. Cependant, cette magie réparatrice n’avait pas suffi à radier le mal qui avait été commit, et le vermeille qui s’échappait de l’ecchymose en était la preuve. Elle avait dû faire souffrir quelqu’un pour qu’elle-même ne souffre plus. Elle était devenue le malheur de trop de personnes, trop d’âmes en seulement quelques heures. Et elle s’en voulait, Silena, elle ne supportait pas le poids que sa conscience lui soumettait. Elle voudrait tout faire, pour effacer ses erreurs, pour faire disparaître la marque laissée sur son abdomen. Pour ne plus être la responsable des douleurs de chacun de ceux qu’elle aime.  Ses tempes la faisaient souffrir, son cœur résonnait dans son corps entier. La mélodie de l’eau, de chaque goutte présente autours d’elle faisait échos dans son esprit. Elle allait exploser, la sirène, sous le poids de sa propre cupidité. Elle allait en mourir. Elle n’entendit même pas les tuyaux céder face à la pression qu’elle exerçait sur l’eau. Elle n’entendit pas non plus le liquide se déverser sur le sol de l’infirmerie, de la même façon que son propre sang s’était étalé tout autour de son corps inerte quelques heures plus tôt. Elle n’entendait que les cris que son esprit lui infligeait, qui lui suppliaient des paroles qu’elle ne comprenait même pas. Et à ce même instant, elle se sentit devenir folle. Des larmes salées perlaient au-dessous de ses prunelles, alors qu’elle ordonnait à l’eau de se mouvoir pour finalement former une bulle d’eau en suspension dans l’air. Cette dernière lévita jusque dans les mains de la fille aux océans, qui elles-mêmes bougeaient vers la blessure encore sanglante. Son esprit se concentra sur son pouvoir et ses doigts s’illuminèrent d’un halo bleuté, alors que la lésion disparaissait sous l’amas de magie. Elle finit par faire retomber le liquide au sol, mais ne mouillant aucunement les draps à son contact et encore moins Silena elle-même. Non, elle ne le permettrait pas. Au final, ce fut toute la pièce qui fut inondée. Sauf un endroit. Un endroit où le sol restait sec, un endroit où l’ouragan de déferlait pas. Un endroit où elle-même se tenait. L’île au milieu de la mer.
Elle se rendit compte de sa bêtise seulement quand elle entendit les pas précipités sur le perron de l’infirmerie. Elle savait ce qu’il allait se passer à la minute où cette personne arriverait dans la pièce. Et elle ne voulait pas, au grand jamais, faire face aux regards accusateurs, à toutes ces prunelles incriminatrices qui la jugeraient de tout son être. Mais ce fut le soulagement lorsque le visage de Cassandre apparut au-delà de la porte. Car Cassandre était la pierre précieuse parmi les blocs de charbon. Il y avait des ambres qui luisaient dans ses iris, rajoutant à cette pierre déjà divine, la nuance d'or qui lui manquait. « Ne dis rien ! Ne dis rien, je t'en prie. Je sais déjà tout. » Sa voix était décousue, fébrile. Elle sentait ses membres trembler une nouvelle fois, car avait conscience de toutes les erreurs qu’elle avait commises. « J'ai été si conne. Je n'aurais jamais... Jamais dû accepter ce combat ! » Non, elle n’aurait jamais dû. Mais elle l’avait quand même fait Silena, et elle ne savait pas comment gérer les conséquences de ses actes.
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