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 HAND ME THE SCISSORS ☽ lewan

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MessageSujet: HAND ME THE SCISSORS ☽ lewan   Sam 22 Juil - 20:34


 
 
 

 
HAND ME THE SCISSORS

 
i hate you, i love you, fuck you.

 
La colère et la frustration te sont familières, s’enracinant en ton âme telles de mauvaises herbes. C’est plus fort que toi, tu ne peux pas empêcher cette vague d’émotions de te submerger : tu te noies dans la rancoeur, l’amertume envahit tes poumons et il n’y a pas la moindre bouée à laquelle se raccrocher pour te sauver. Tu te noies dans ton propre ressentiment, tu ne vas pas tarder à disparaître. Tu le sais, tu le sens venir. Et tu es si amère, si furieuse que tu ne peux que te laisser glisser vers le fond, abandonnant tout espoir de survie. Tu n’as jamais connu que ça. La haine dévorante. La colère sourde. La rage brûlante. La rancune infinie. L’amour t’est inconnu, la douceur encore plus. Tu ne sais que faire pour apaiser ce feu qui brûle en toi, cette vague qui te fait défaillir à chaque seconde. Du haut des tes vingt années d’existence, tu as l’impression de n’être qu’une vaillante guerrière sur le champs de bataille. Chaque jour est un nouvel ennemi à abattre, chaque souffle que tu inspires une nouvelle attaque que tu portes à ton assaillant invisible. Tu es prisonnière de cette lutte infernale et quotidienne, tu ne sais pas comment vivre autrement. Tu commences à fatiguer. Deux ans déjà que tu as quitté le domicile de cette femme qui n’a fait que te donner la vie et tu ne parviens pas à te défaire des entraves destructrices qu’elle a enroulé autour de toi. Aujourd’hui encore, tu vis dans l’ombre de madame Vaughn – que tu te refuses à appeler mère. Tu as le coeur qui balance, l’âme qui déraille quand tu penses à elle. Tes mains se font moites, tes genoux s’entrechoquent. Tu as peur, encore. D’elle. De ce père que tu ne connais pas. Des autres du monde entier. Tu as peur d’avoir peur jusqu’à la fin de tes jours. Tu as peur d’être considérée comme le maillon faible à cause de cela. C’est le serpent qui se mord la queue, un cercle que tu ne peux briser.

C’est cette réalisation qui t’a retournée l’estomac. À peine ton petit-déjeuner fini, tu t’es précipitée dans la salle de bain de ton bungalow – le numéro onze, pour les enfants d’Hermès – pour recracher les quelques toasts et le café avalés plus tôt. La bile te brûle encore la gorge alors que tu ne fais que respirer péniblement au-dessus de la cuvette des toilettes. Tu as les larmes aux yeux, mais tu refuses de les laisser couler. Quand tu es sûre que ton estomac ne se rebellera pas davantage, tu te redresses pour te laisser tomber lourdement contre le mur. Ton dos heurte la paroie dans un bruit sourd et tu soupires lourdement. Pour la première fois depuis un sacré moment, tu te sens calme, la violence de ce qui vient de se produire t’a fatiguée. Ton corps te semble lourd, ton esprit fonctionne au ralenti. Tu as soudainement envie de rejoindre ton lit et de dormir pour oublier ce début de journée médiocre, de te réveiller seulement le lendemain et faire comme si de rien n’était. Tu te sens répugnante, néanmoins, et c’est ce qui te pousse à te lever nonchalament. Tu te diriges vers l’évier de la salle de bain pour t’emparer de ta brosse à dents. Un peu de dentifrice et te voilà qui frotte énergiquement pour te débarrasser de cet arrière-goût répugnant. Tu craches, tu te rinces la bouche. Puis tu te passes un peu d’eau fraîche sur le visage. Te voilà déjà un peu revigorée, mais pas suffisament pour assumer cette journée qui s’annonce désastreuse. Ton ventre se tord, ta gorge se noue. Tu te sentirais presque malade à nouveau à la simple idée de devoir quitter ton bungalow. Tes mains se font moites, tes genoux tremblent. Encore une fois, tu crains le monde extérieur, tu ne sais pas trop de quoi tu as peur. Mais tu as peur. Aujourd’hui plus qu’un autre jour pour une raison qui t’est inconnue. Tu grinces des dents, tu as envie que la terre s’ouvre pour t’avaler. Tu n’as plus envie d’exister, tu as envie que le monde t’oublie, ne serait-ce que pour ajourd’hui.

Tu quittes la petite pièce d’un pas nonchalant pour te laisser tomber lourdement sur ton matelas, la tête enfouie dans ton oreiller. Tu es encore chaussée et toute habillée, tu n’as pas la foi suffisante pour te défaire de ton habit de jour pour te glisser sous ta couverture. Tu ignores la silhouette que tu as aperçu du coin de l’oeil. Tu la connais cette silhouette, tu refuses de l’admettre, mais tu la connais. Celle de ta soeur. Ah ! Tu as une famille, finalement ! Ah ! Ça fait deux ans que tu le sais, que tu l’as appris. Et cette idée te met toujours autant mal à l’aise. Tu ne sais quoi faire de cette famille – ces frères et sœurs – fraîchement découverte. Tu maudis ton père de l’amour qu’il prodigue à ses trop nombreuses amantes. Tu es l’enfant non-désirée, jamais aimée. Tu ne sais pas aimer, tu ne sais pas ce que c’est d’avoir une famille. Ils ne t’aimeront pas, tu le sais, ils te rejetteront comme tu l’as été tout au long de ton existence. Et même si tu aimerais dire que cela ne te blessera pas. Mais tu sais que si. Ton coeur a encore le potentiel d’être brisé en mille morceau, toi l’enfant déjà si meurtrie. Et ça te fait peur. Terriblement peur. Alors tu montres les griffes avant d’être blessée. Tu soupires lourdement dans ton oreiller, les yeux fermés. Triste existence qu’est la tienne. Tu tentes de t’abandonner au sommeil pour ignorer ces pensées moroses, mais tu n’y parviens pas. Ta soeur fait trop de bruits, elle farfouille, tu ne sais pas ce qu’elle fait véritablement. Tu relèves la tête sans lui adresser le moindre regard. Tes mèches tout récemment colorées en blond tombe sur ton visage blâfard. « Rowan. » Tu l’interpelles sèchement, presque agressive. « Arrête de foutre le bordel, putain, j’ai envie de dormir. Casse-toi de là si tu veux faire du bruit, merde. » Et sans attendre la moindre réponse, tu enfonces de nouveau ta tête dans l’oreiller. Tu es fatiguée de tout et de rien à la fois, tu veux dormir.

 by tris
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